19.3.06

Monstres intimes

Publié sur le Coïtus le 12 avril 2005.

*

Je regardais mes petites bêtes jour et nuit, elles me fascinaient, me terrorisaient à la fois. Penser à leurs longues pattes maigres, toutes poilues, m’empêchaient de dormir. Elles étaient laides, et en plus elles racontaient des histoires horribles. Je ne savais pas d’où elles venaient, ni pourquoi elles m’avaient choisie. Tout ce que je savais d’elles, c’était qu’elles étaient là, à mes pieds, toujours là.

« Tu dois devenir amie avec tes petites bêtes noires », m’a-t-il dit un jour. Lui aimait bien mes bêtes. Il les titillait, les excitait, les amadouait, elles ont fini par manger dans sa main.

Il me disait aussi : « Il ne faut pas les écouter, elles inventent n’importe quoi, t’inquiètes pas, c’est juste pour attirer ton attention! Dès que tu leur auras parlé, que tu les auras touchées, elles sauront te montrer des chemins qu’elles seules connaissent. Par contre, si tu continues à les bouder et à les fixer sans bouger, elles finiront par te dévorer toute crue! » Il rigolait, mais il y croyait.

À force, j’ai fini par y croire moi aussi. J’ai bousculé un peu mes bêtes, leur ai montré qui était maître à bord. Et franchement, elles m’ont épatée. Elles m’ont tirée par la main vers de petites ruelles que je ne connaissais pas. Leurs histoires devenaient moins effrayantes à mesure que j’apprenais à en rire.

Mais tout ça n’a duré qu’un temps. Lorsqu’il est parti, j’ai perdu le contrôle de mes petites bêtes. Je n’avais plus la force de les suivre, elles étaient trop exigeantes.

Aujourd’hui, je les sens qui me mâchouillent les orteils, me torturent les ongles, me grignotent les chevilles. Bientôt, je ne pourrai plus marcher, je ne pourrai plus avancer. Mes petites bêtes, mes monstres intimes, comme il disait parfois, auront gagné.

1 Comments:

At 6:51 p.m., Blogger Yves said...

12 mars 06

Je crois que les bibittes doivent etre servies cuites à point … comme ça en les croquant doucement …on peux sentir leurs poils revêches, leurs carapaces croustillantes et surtout voir qu’on peut les démembrer sans problème … ensuite en prenant un petit repos bien mérité pour digérer le tout … il nous sera peut-etre plus aisé de relativiser les notres ….

Pour ceux et celles qui n’y arriveraient toujours pas je vous laisse ce texte que j’ai écris il y a il me semble une éternité, inquiet que j’étais … pour une personne qui m’est très chère, au cas où elle en aurait besoin … j’y parle pas de bibittes mais presque …

Le couloir

On suit tous un couloir
Imaginaire ou véridique …
il devient notre parloir
Notre chemin de croix
il est intouchable …
Et nous sommes inconsolable …
Puis …
avec le temps …
tout change lentement …
mais sûrement …
et on fini par comprendre
qu’il sera toujours là et surtout que la quête …
de la fameuse lumière au bout … nous aveuglait …
on n’avait simplement pas remarqué
Les fenètres qui en sont parsemée
la sécurité qu’il nous a procuré
L’être qu’il à aidé a créer

On fini par l’intégrer en l’acceptant
En y puisant notre force
En s’y réfugiant par tempête
Et de ce fait il fini par disparaître
Emporter par nos projets

Il faut l’accepter
Et vivre …

Yves

 

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